Bruno Condé (1920 - 2004)

 


Bruno Condé 1981

Dear all,

According to informations received from Laurent PERU, Camille BARETH and Denis TERVER (Nancy, France),

I regret to inform all of you of the death of Professor Bruno Condé, that happened on Wednesday 11 February, 2004 in his house at Nancy.

Monique Nguyen Duy-Jacquemin and Jean-Marie Demange attended the funeral ceremony at Nancy (17 February 2004), together with Camille Bareth.

Head of the Zoological Museum of Nancy since 1952, Bruno Condé maintained his scientific activities until very recently. Unfortunately serious illness had definitively stopped his regular presence in his office several months ago.

Prof. CONDE was a full active member of the Centre International de Myriapodologie [CIM] since the very beginning of the society and of the Société Internationale de Biospéologie [SIBIOS] as well. He was well known and estimated for his vast and deep knowledge in general biology, zoology and particularly two of his favorite taxa : Penicillata and Campodeidae.
He was very recently unanimously elected as CIM Honorary Member by a vote of the CIM Council.

A further notice including a list of publications will be published in the CIM bulletin and in the CIM webpage.
See personal recollections below from Jean-Jacques Geoffroy, Lynn Ferguson and John Holsinger.

Additional informations or contributions are welcome
Jean-Jacques Geoffroy

Orphan Polyxenus - le polyxène orphelin

 


Bruno Condé at scientific meeting

Le Professeur Bruno Condé vient de s'éteindre à l'âge de 84 ans, au soir d'une vie scientifique exceptionnellement riche au service de l'Université Henri Poincaré (Nancy 1), mais aussi du Musée de zoologie de la Ville et de l'Université et de son aquarium tropical (désormais Muséum-Aquarium de Nancy, Communauté urbaine du Grand Nancy et Université Henri Poincaré, Nancy 1).

Né à Nancy le 5 mars 1920, il est le fils de Marguerite et de Géo Condé, artiste peintre, sculpteur, marionnettiste bien connu des Nancéiens, et qui a sans doute transmis à Bruno les qualités de dessinateur si nécessaires à la précision de ses recherches (mais sans doute aussi celles de musicologue averti : il pratiquait le piano avec brio lors de ses rares moments de détente).

Bruno CONDÉ débute sa carrière universitaire à Nancy en 1943 comme préparateur de botanique à la Faculté des sciences de Nancy. Il est nommé assistant de zoologie en 1945, à la même faculté, dans le service du professeur Paul A. Remy, titulaire de la Chaire de zoologie générale libérée, en 1937, par le Professeur Lucien Cuénot, membre de l'Institut, à qui on doit le bâtiment de la rue Sainte-Catherine à Nancy, qui abrite l'actuel Muséum-Aquarium.

Unanimement reconnu comme éminent naturaliste, grand zoologiste au sens le plus noble du terme, Bruno Condé publie ses premières notes scientifiques en 1945, consacrées aux micro-arthropodes terrestres, objet des préoccupations du laboratoire de son illustre maître Paul Remy. Sa thèse de Docteur ès-sciences naturelles, soutenue en 1955, consacrera une première étape de sa longue carrière au service de la systématique, tâche ô combien nécessaire, qui exige du taxonomiste un esprit d'observation à toute épreuve et des descriptions particulièrement minutieuses. Trop décriée à ses yeux, "la systématique, est et restera, quoi qu'on en dise ou qu'on en médise, le socle incontournable de l'écologie", aimait-il répéter. Elle est aujourd'hui et restera, quoi qu'on en pense, le vecteur indispensable à la compréhension de la biodiversité.

Sur les 317 publications scientifiques signées ou co-signées par B. Condé, l'essentiel se rapporte à l'étude des petits Arthropodes terrestres, spécificité traditionnelle du laboratoire de la rue Sainte-Catherine. Avec le concours de son premier élève, son équipe va acquérir une notoriété internationale dans le domaine de la méso-faune du sol en général, et en particulier des insectes Campodés. S'ajouterons à cette orientation zoologique celle des myriapodes Pénicillates, Tardigrades, Palpigrades... Ce qui pourrait laisser entrevoir une spécialisation affichée de B. Condé pour un phyllum particulier des "raréates", les petits invertébrés très rares dont personne ne se préoccupe.

Cette notoriété lui a valu de participer à de nombreuses missions scientifiques. Celle qui eut lieu au Gabon, dans le cadre d'une étude de la faune du sol de la grande forêt équatoriale, sera cruellement marquée par la disparition subite, et en sa présence, de son maître, P. Remy, lui-même spécialiste notoire de groupes taxonomiques un peu rares tels que les Pauropodes ou les Symphyles.

Parallèlement à son domaine de prédilection, une autre spécialité zoologique marquera la carrière de B. Condé : le Chat « sauvage » ou Chat sylvestre, dont il deviendra le grand spécialiste français. Dans le cadre de la thèse de l'un de ses élèves, du Muséum de Genève, les publications scientifiques des deux auteurs vont bousculer les idées reçues au sujet de cette espèce menacée mais qui, par chance, reste encore assez bien représentée sous nos latitudes.

Son élevage, qui débuta au laboratoire, se poursuivit dans un vaste enclos implanté sur les dépendances de la demeure de ses parents à Velaine-en-Haye , mais aussi dans sa résidence privée dont la chambre à coucher n'était évidemment pas exclue ! Il en résulta de nombreuses observations inédites sur le comportement diurne, et nocturne de cette espèce de félidé d'Europe.

Un malheureux accident de voiture, survenu lors d'une mission d'enquête sur le Chat sauvage en région Lorraine, l'éloigna plusieurs mois des activités de son laboratoire, et par suite l'élevage du Chat dut être abandonné à son grand regret. Toutefois, son intérêt pour les travaux scientifiques relatifs à cette espèce ne s'est jamais démenti.

Enfin, il convient de rappeler également les responsabilités de B. Condé, au niveau du Musée de zoologie dont il assurera la sous-direction en qualité de chef de travaux de zoologie dès l'année 1955, puis la direction à partir de 1962 en qualité de professeur des universités.

Avec l'aide d'un autre collaborateur, nommé en 1963, les années qui suivirent furent marquées par la naissance de l'Aquarium Tropical de Nancy, d'abord sous forme d'expositions temporaires, puis permanentes, dans le cadre des activités du Cercle aquariophile de Nancy.

A partir de 1971, date du départ des services de zoologie vers le nouveau campus universitaire de Vandeuvre, l'aquarium prit son plein essor. Son activité scientifique, diffusée dans son périodique trimestriel, la Revue française d'Aquariologie, Herpétologie, lui valut rapidement une renommée internationale, attirant la collaboration des plus grands ichthyologistes mondiaux, spécialistes de la faune des eaux continentales et marines tropicales.

L'activité d'enseignant-chercheur de B. Condé, à été servie par ses qualités pédagogiques très appréciées de dizaines de promotions d'étudiants de tous les cycles universitaires, la clarté de ses cours n'ayant d'égale que la trotale permanence de sa disponibilité, de jour comme de nuit !

Il était, entre autres, correspondant du Muséum national d'histoire naturelle de Washington, du Muséum de Genève, et du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, où l'une de ses élèves et collaboratrice poursuit une partie de son oeuvre sur les myriapodes ; mais aussi du célèbre British Museum, président de la Société zoologique de France (SZF) et membre fidèle de la Société Internationale de Biospéologie (SIBIOS) et du Centre International de Myriapodologie (CIM), dont il venait tout juste d'être nommé membre honoraire.

Ses nombreuses missions et travaux, son dévouement sans limite à la cause de la recherche et de l'enseignement lui ont valu plusieurs distinctions honorifiques, notamment le Grand Prix de l'Académie Stanislas et les Palmes académiques, qui témoignent des qualités exceptionnelles de ce naturaliste hors du commun.

A sa famille, ses collègues et ses amis, nous présentons nos condoléances attristées et l'assurance de notre admiratif souvenir.

Jean-Jacques Geoffroy, February 2004
(avec la collaboration de Camille Bareth et Denis Terver)


Farmville, Virginia, USA
March 26, 2004

Mesdames et Messieurs, Ladies and Gentlemen,

I recently learned of the death of Dr. Bruno Condé. This was sad news but not totally unexpected given his advancing age and declining health. I am extremely thankful that I was able to visit him in 1986, 1989, 1995 (in Moulis), and 1997. I shall always cherish my brief visits with Dr. and Mme Condé in Nancy and for their warm reception. It was a personal pleasure and an honor to have known them both. In return I tried in a small way to express my gratitude to Dr. Condé by naming a new species of campodeid, Litocampa condei, as well as a new genus, Condeicampa, in his honor.

I enjoyed hearing him tell of his caving adventures in the U.S. in 1956. One such story, which many of you heard in Moulis, involved his visit to Lawson Cave, a relatively small cave in an obscure part of a rural, mountainous county in Virginia. This little cave has the highest density of campodeids that I have ever seen, and I have been in caves in 23 countries and in 22 states of the U.S. Of the over 4000 caves now known to exist in Virginia, it is phenomenal that someone, who could arguably be considered the world's leading authority and student of campodeid diplurans at that time, would be drawn to that particular cave. It is truly amazing. Dr. Condé had a real synergy with campodeids!

It is sad that he is gone. I offer my sincere condolences to his close friends, colleagues, and family.

Sincerely,
Lynn Ferguson


Dear Colleagues,

I thought it was very nice and considerate of Prof. Lynn Ferguson to write the recent letter of sympathy regarding the death of our friend and colleague, Prof. Bruno Condé. Condé was one of my favorite "older" colleagues, who I had the great pleasure of meeting and talking with at some length during two of our symposia in Europe. As pointed out by Ferguson, Condé's 1956 trip to the US and his truly remarkable excursion to Lawson Cave in the mountains of southwestern Virginia has become a legend in the annals of North American biospeleology. Not only did Condé travel more than 500 km by bus from Washington, D. C. to Wytheville, Virginia, but he then hired a taxi to take him across the mountains to reach an Appalachian karst area in a remote place called Burkes Garden. Even today, negotiating the narrow, unpaved mountain road to Burkes Garden from Wythevllle is quite an adventure, and I can only imagine how it must have been in the spring of 1956. Moreover, finding this poorly known cave in Burkes Garden was an extraordinary feat in itself, especially after a hazardous trip on a mountainous dirt road with numerous switchbacks.

Bruno Condé was an exceptional individual and we will miss him greatly.

With regrets,
John

John R. Holsinger
Professor of Biological Sciences, Dept. of Biological Sciences
Old Dominion University, Norfolk, Virginia 23529-0266, USA


References
GEOFFROY J.-J. - 2004 - Bruno Condé (1920-2004). Bulletin du Centre International de Myriapodologie, 37: 7-8.
BARETH C. & JUBERTHIE C. - 2004 - Bruno Condé. 5 mars 1920 - 11 février 2004. Subterranean Biology, 2: 127-131.

SIBIOS - geoffroy@mnhn.fr
Written by Jean-Jacques Geoffroy
© SIBIOS, 2009

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